Prix du laiton au kilo : tableau des tarifs selon la qualité et l’alliage

Quand on dépose un lot de laiton chez un ferrailleur, la première surprise vient souvent de l’écart entre le prix annoncé en ligne et celui qu’on obtient réellement sur la balance. Un robinet en laiton massif ne se rachète pas au même tarif qu’une poignée de copeaux d’usinage mélangés à de l’acier. Le prix du laiton au kilo dépend avant tout de la composition exacte de l’alliage, de sa propreté et du cours du cuivre au moment de la transaction.

Pourquoi le laiton n’a pas de cours officiel en bourse

Sur le London Metal Exchange, on trouve une cotation pour le cuivre, une pour le zinc, mais aucune pour le laiton. Chaque ferrailleur calcule donc son propre prix de rachat en pondérant les cours des deux métaux selon la teneur de l’alliage qu’il reçoit.

Prenons un laiton standard CuZn37, composé d’environ 63 % de cuivre et 37 % de zinc. Quand le cuivre grimpe, le prix de rachat suit. Des indices régionaux tentent de structurer ce marché, comme l’indice « Laiton base barre Milan » (9 490 euros la tonne au 11 septembre 2026).

Ces références restent confidentielles pour la plupart des vendeurs particuliers. Elles expliquent pourtant les écarts notables qu’on observe d’un ferrailleur à l’autre, parfois à quelques kilomètres de distance.

Tableau des prix du laiton au kilo selon la qualité

Les tarifs ci-dessous proviennent de grilles de ferrailleurs français. Ce sont des prix de rachat constatés, pas des cours théoriques. Ils bougent selon le volume apporté, la propreté du lot et la politique commerciale du site.

Type de laiton Prix minimum (euros/kg) Prix moyen (euros/kg) Prix maximum (euros/kg)
Laiton propre (haute qualité) 5,40 5,81 6,40
Laiton mêlé (qualité courante) Inférieur au laiton propre Variable selon ferrailleur Variable selon ferrailleur
Laiton en copeaux ou mélangé Tarif plancher Variable selon ferrailleur Variable selon ferrailleur

Le laiton dit « propre » regroupe des pièces massives sans soudure, sans fer ni plastique. On y classe typiquement les vannes, raccords de plomberie ou barres usinées. Plus on s’éloigne de cette qualité, plus le tarif baisse, parfois de façon significative.

Échantillons de laiton classés par alliage et qualité sur une table de laboratoire matériaux

Alliage CuZn et teneur en cuivre : l’impact direct sur le tarif

Tous les laitons ne se valent pas. La famille des alliages cuivre-zinc (désignés CuZn suivis d’un chiffre) couvre une large gamme de compositions. C’est la proportion de cuivre qui fait grimper ou chuter le prix de rachat.

Laitons courants : CuZn30 à CuZn40

En plomberie et robinetterie, on manipule surtout des laitons contenant entre 60 et 70 % de cuivre. Le CuZn37, avec ses 63 % de cuivre, reste le standard industriel.

Plus la teneur en cuivre augmente, plus le tarif se rapproche du cours du cuivre pur, qui tourne autour de 12,31 euros le kilo sur les marchés. L’écart entre un CuZn30 et un CuZn40 se ressent directement à la pesée.

Laitons spéciaux : ajout de nickel, étain ou aluminium

Certains alliages intègrent du nickel (maillechort), de l’étain (bronze industriel parfois confondu avec le laiton) ou de l’aluminium. Ces ajouts améliorent la résistance mécanique ou la tenue à la corrosion, mais ils compliquent le recyclage.

  • Un laiton au plomb (CuZn39Pb3), courant en décolletage, se trie facilement mais subit parfois une décote liée aux contraintes environnementales sur le plomb
  • Un laiton à l’aluminium tient mieux en milieu marin, mais les ferrailleurs le classent souvent en « laiton mêlé » faute de pouvoir vérifier la composition sur place
  • Le bronze (alliage cuivre-étain) se rachète plus cher que le laiton standard, mais les deux sont régulièrement confondus lors du tri

Quand on ne connaît pas la nuance exacte de son lot, le ferrailleur applique le tarif du grade le plus bas compatible avec ce qu’il observe visuellement. Pas de surprise à avoir sur ce point.

Ce qui fait varier le prix du laiton chez le ferrailleur

La composition chimique ne fait pas tout. Plusieurs facteurs pratiques pèsent sur le montant final qu’on récupère à la caisse.

Propreté et tri du lot

Un lot contenant des inserts en acier, des joints en caoutchouc ou des résidus de soudure sera déclassé. Le tri avant dépôt est le levier le plus rentable pour un particulier ou un artisan.

Retirer les parties en fer (un aimant suffit pour les repérer) et séparer le laiton du bronze ou du cuivre prend peu de temps. Cette étape change la catégorie de rachat, et donc le prix au kilo.

Volume et mode d’apport

Les ferrailleurs appliquent des grilles dégressives inversées : plus le volume est important, meilleur est le tarif. Quelques centaines de grammes seront rachetés au prix plancher. Un lot de plusieurs centaines de kilos peut déclencher un tarif négocié au-dessus de la grille affichée.

L’enlèvement sur site (benne, camion) entraîne un coût de transport déduit du prix de rachat. Apporter soi-même le lot au dépôt permet de conserver la totalité du tarif proposé.

Cours du cuivre et du zinc au moment de la vente

Le cuivre représente la composante majoritaire du prix du laiton. Un cuivre à plus de 12 euros le kilo tire mécaniquement le laiton vers le haut. Le zinc, coté autour de 3,32 euros le kilo, pèse moins mais n’est pas négligeable, surtout pour les alliages à forte proportion de zinc comme le CuZn40.

Marchande de ferraille pesant du laiton sur balance industrielle dans une cour de recyclage

Laiton comparé aux autres métaux non ferreux : repères de prix

Chez la plupart des ferrailleurs, le laiton arrive en deuxième position derrière le cuivre parmi les métaux non ferreux les mieux rachetés. Le cuivre dénudé se négocie nettement au-dessus. L’aluminium, le zinc ou l’inox affichent des tarifs sensiblement inférieurs à ceux du laiton propre.

Pour un artisan plombier ou un particulier en pleine rénovation, accumuler les chutes de laiton plutôt que de les jeter représente un gain concret sur l’année.

Les retours varient sur les délais de paiement : certains ferrailleurs paient comptant à la pesée, d’autres sous quelques jours. Le prix affiché en vitrine ou en ligne reste indicatif, et la négociation sur les lots conséquents est courante. Comparer deux ou trois grilles locales avant de se déplacer reste la méthode la plus fiable pour ne pas vendre en dessous du marché.

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